Présentation

  • : La Bifurcation
  • La Bifurcation
  • : La Bifurcation est un espace d'échanges sur différents thèmes sujets à débats (questions de société, cinéma, théâtre, sciences, etc...). Des auteurs d'origines diverses (universitaires, artistes, militants associatifs, ...) contribuent à la vie du blog.
  • Retour à la page d'accueil

Bifurc' Song of the week

Lucilla Galeazzi
"Sogna fiore mio"
Archives

A lire

  • Vie et mort des croyances collectives
  • L'empire des croyances
  • L'empire de l'erreur
  • Coïncidences - Nos représentations du hasard

Les Bifurc' Blogs

Recommander

Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 18:46

19812542_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110915_103053.jpgLe dernier film d'Aki Kaurismaki aborde la question de l'immigration clandestine et de la traque des sans papiers. Le traitement formel particulier qui est proposé par le réalisateur lui permet, à partir de la confrontation temporelle d'une France contemporaine et d'une France des années 40-50 telle que la perçoit l'imaginaire collectif (et donc forcément idéalisée), de réfléchir sur les conséquences de la perte progressive de solidarité dans la société moderne.
Marcel Marx est cireur de chaussures au Havre, de nos jours. Sa vie s'écoule, monotone, rythmée par l'arrivée des trains de Paris, jusqu'au jour où il assiste à l'arrestation de migrants africains cachés dans un conteneur à destination de l'Angleterre. Seul un jeune garçon, Idrissa, parvient à s'enfuir. C'est sa traque par la police et les efforts de Marcel pour la rendre caduque, que va nous raconter Kaurismaki, sur le ton du conte. Ce choix formel, allié à une distanciation forte, notamment dans la façon dont s'exprime Marcel (un français impeccable, solennel et théâtral) permet d'éviter le piège du pathos.


L'univers dans lequel évoluent les différents protagonistes présente le charme désuet d'une France du passé telle que le cinéma nous l'a maintes fois montrée. Marcel habite avec sa femme Arletty et sa chienne Laika (comme une référence à un passé où le communisme mis en oeuvre en URSS faisait encore rêver la classe ouvrière), un quartier populaire du Havre, dans une petite bicoque chichement meublée. Au coin de la rue, on trouve les petits commerces, qui n'ont pas changé depuis l'après guerre ainsi qu'un bistrot au zinc duquel on vient boire le traditionnel petit blanc de fin de journée. L'harmonie de cet univers va être mis à l'épreuve par le surgissement brutal du présent. Celui-ci revêt la forme d'une police nationale traquant les sans papiers et du champ médiatique relayant cet évènement. Dans les deux cas en effet, ces intrusions sont présentées comme résolument modernes (attirail des CRS lors de l'arrestation des migrants, canard local qui évoque un lien entre ces migrants et Al-Qaida, reportage télé sur le démantèlement de la jungle de Calais). Ces intrusions coincident avec le déclenchement d'une maladie incurable chez Arletty, comme métaphore du cancer qui ronge la société moderne.

 

19724383 jpg-r 640 600-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-20110426 103408
Marcel va dès lors s'efforcer, de manière naturelle et sans motivation idéologique particulière, de permettre à Idrissa de réaliser son rêve, atteindre Londres pour retrouver sa mère. Il aura pour cela besoin de l'aide de son entourage : la boulangère, l'épicier, la tenancière du bistrot et ses piliers, même le rockeur des années soixantes Little Bob mettra la main à la pâte en donnant un concert de soutien permettant de rassembler les fonds nécessaire au transport clandestin du jeune garçon. La solution que propose Kaurismaki pour régler une situation aberrante et injuste (l'acharnement politico-médiatique envers les plus faibles), est collective. En cela, son cinéma se situe évidemment plus du côté de celui d'un Ken Loach ("Looking for Eric" constitue un cas d'école de solution collective) que de celui d'un Clint Eastwood, pour qui la solution ne peut être qu'individuelle et expiatoire (voir "Gran Torino").


Bien entendu, le passé de la France, fut-il idéalisé, comporte ses zones d'ombres, et Kaurismaki ne les ignore pas. Elles apparaissent sous les traits de Jean-Pierre Léaud en voisin délateur, figure d'une France qui collabore.
Au final, une happy end ou presque, puisqu'Idrissa parviendra à fuir vers l'Angleterre (mais que sera alors sa vie de clandestin là-bas?) et Arletty guérit. Il suffit donc de peu de chose pour que la société guérisse du cancer contemporain qui la ronge : une conscience de l'injustice (aucun des protagoniste du film n'est un activiste), un minimum d'entraide et, condition nécessaire, un peu d'aide de l'intérieur, incarnée par le flic "du passé" que joue Jean-Pierre Daroussin.

 

Fred

Par La Bifurcation - Publié dans : Cinéma - Communauté : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 15:26

vilniusPour gagner en 2012, l'UMP a besoin d'un report intégral des voix du FN. La vieille stratégie qui consiste à désigner l'étranger comme bouc émissaire, mise en oeuvre de manière régulière par la droite, est donc réactivée à grand renfort de déclarations et de textes de lois. Après les rafles de sans papiers, les envolées sur le droit de vote des étrangers aux élections locales, la dernière en date est la circulaire du 31 mai 2011 ciblant cette fois les étudiants étrangers. Celle-ci restreint leurs possibilités de passer du statut d'étudiant à celui de salarié, pour pouvoir exercer leur premier emploi dans le pays dans lequel ils ont été formés. Pure propagande visant à séduire l'électorat raciste de France, cette énième provocation gouvernementale, méprisable moralement, contre productive économiquement (voir la lettre d'Arnaud Lievin sur Rue 89) et surtout dangereuse dans les stéréotypes qu'elle véhicule (le problème c'est l'étranger, pas le système de production actuel), a créé des remous jusque dans les rangs de la droite. Une pétition est en ligne pour demander le retrait de ce texte : Collectif du 31 mai.


Fred

Par La Bifurcation - Publié dans : société - Communauté : Politique Directe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 15:00

another-year-affiche.jpgLa séquence qui ouvre le dernier film de Mike Leigh est éprouvante. Le spectateur est mis face à une patiente filmée en gros plan, qui, de par son incapacité à dire sa détresse, parvient à l'exprimer de manière encore plus évidente. On ne reverra plus ce personnage, incarné par Imelda Staunton (une familière de l'univers de Mike Leigh, l'avorteuse clandestine "Vera Drake" par exemple), dans la suite du film. Celui-ci va alors se concentrer, sur un ton en apparence plus léger, sur Gerry, la psychologue qui l'écoute, et sur sa petite famille, incarnation de la petite bourgeoisie londonienne. La séquence d'ouverture n'aura-t-elle été qu'une fausse piste?

 

Au fur et à mesure de l'écoulement des saisons d'une année, d'autres personnages vont entrer dans la boucle narrative et graviter autour du premier cercle que forme Gerry, Tom, son mari géologue, et Joe, leur fils célibataire mais en voie de guérison. Il y a Ken, l'ami de longue date, dont la capacité à ingurgiter nourriture et boissons de toutes sortes, n'a d'égal que le gouffre au fond duquel il s'effondre de manière récurrente. Dans la dernière partie du film (l'hiver) apparait Ronnie, le frère de Tom, qui vient de perdre sa femme. Ronnie, c'est la classe ouvrière, celle qui endure, qui survit et qui se tait. Et puis il y a Mary, collègue de Gerry mais de classe sociale inférieure, la cinquantaine, célibataire et un peu poivrotte. Mary est une projection de ce que pourrait devenir Poppy, l'héroïne de "Be Happy", le précédent film de Mike Leigh, quelques 20 ans plus tard, lorsque son optimisme à toute épreuve et sa capacité d'émerveillement auront commencé à se fissurer par confrontation persistente au réel. L'amorçage de ces fissures était déjà perceptible dans "Be Happy", dans "Another Year", elles se propagent. Mary est le seul personnage hors premier cercle, qui apparait à chaque saison, tantôt invitée, tantôt s'imposant. Le parti pris scénaristique consistant à concentrer la narration sur la famille de Gerry, Mary se contentant de traverser son univers, confère la distance nécessaire à la description et à la compréhension de ce personnage central. Mary va jouer le rôle de révélateur de ce que représente réellement la bienveillance apparente de Tom et Gerry envers tous ces êtres abimés qui gravitent autour d'eux. Il s'agit évidemment de condescendance, fut-elle inconsciente, caractéristique de cette bourgeoisie bohême, protégée de la rudesse de la vie, ne serait-ce que par l'abri de jardin de l'affiche du film.


another year 2

On sent bien que Mike Leigh n'aime pas ce couple parfait que représente Tom et Gerry, il en a fait des personnages fades, lisses, alors que les autres sont tranchés, marqués, excessifs sans doute, mais ancrés dans un réel avec lequel ils se débattent. Dès que Mary ne jouera plus le rôle de la copine rigolotte, dont les déboires sentimentaux et matériel rassurent, puisqu'ils confortent l'idée de sa propre réussite, elle ne sera plus la bienvenue dans le premier cercle. Lorsque Mary lâche prise face aux difficultés de sa propre vie, elle sera exclue, même si, pour une dernière fois, elle est encore autorisée à siéger autour de la table familiale. La dernière séquence du film, très belle, nous offre un long gros plan sur le visage de Mary, seule face au vide de sa propre existence, alors que le son des discussions autour de la table s'estompe... Dès lors, l'écoute dont aurait besoin Mary ne saurait être qu'institutionnelle,  inefficace, à l'image de la séquence d'ouverture du film.

 

Fred

Par La Bifurcation - Publié dans : Cinéma - Communauté : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 18:56

 


Jean-Louis de IJAN (International Jewish Anti-zionist Network) présente le combat de IJAN contre le sionisme : contre l'Etat juif, l'Etat des Juifs en Palestine.
Alors qu'il est bloqué par la police avec un groupe de 30 personnes à l'hôtel Lotus le 31 décembre 2009 au matin, jour de la grande mobilisation au Caire, il raconte leur manifestation sur le trottoir de l'hôtel en plein centre ville très fréquenté, six heures durant.
Par La Bifurcation - Publié dans : société - Communauté : Politique Directe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 18:28

Marie-josé El Haimer et Zahia Oumakhlouf, co-présidentes de "ATL Jénine"

Jean Louis Favre, secrétaire, chargé de ATL 13ème

vous invitent a l’exposition

Le camp de Jénine raconté par ses jeunes
Images et recits de jeunes réfugiés palestiniens sous la direction d'Emily Smith,

du 21 septembre au 14 octobre 2009, au Centre d'Animation de la Poterne des Peupliers, 1 rue Gouthière, 75013 Paris



"Images et histoires" est une série de photos prises par un groupe d'adolescents du camp de réfugiés de Jénine. Six filles et cinq garçons ont participé à ce projet. Ils ont suivi des cours au Freedom Theatre pendant huit semaines pour apprendre les bases techniques et esthétiques de la photographie. A la fin de leur cursus, on leur a demandé de constituer un ensemble cohérent de portraits dans le but de les exposer. Les élèves ont été invités à croquer des portraits formels, puis à montrer leur modèle dans un environnement naturel révélateur de leur situation au jour le jour. Au début, les étudiants étaient timides et hésitants à propos des histoires qu’ils voulaient partager. Ils n’étaient pas certains d’avoir envie d’étaler l’histoire de leur vie devant une caméra, surtout en sachant que leurs clichés seraient montrés dans une exposition. Au fil des cours et des discussions entre élèves et enseignants sur le caractère captivant des histoires, une tendance lourde s’est dégagée sur le contenu des photos. Dans leur majorité, les pères de ces étudiants avaient été frappés brutalement et torturés pendant l’opération "Rempart" en 2002, la plus importante opération militaire lancée par Israël depuis "la guerre des six jours" en 1967. L’orientation vers la révélation de la lutte de ces étudiants et de leurs familles respectives est considérable et insupportable. Avec les encouragements de la classe, ces courageux adolescents ont créé des portraits magnifiques qui suscitent émotion et curiosité pour ce qui se passe dans l’existence des Palestiniens.

La maturation qui s’est produite dans la vie de ces étudiants pendant la genèse de “Images et histoires” a été cruciale dans l’exposition de la vérité sur leurs difficultés au monde extérieur. Les liens qui se sont noués entre les élèves quand ils se sont rendus compte qu’ils traitaient des mêmes tragédies ont aussi été déterminants.

Les portraits formels ont été pris avec une caméra numérique avec l’aide des autres étudiants et les portraits croqués dans un environnement ont été pris avec des caméscopes sans assistance extérieure. Cette forme d’auto-expression et de photographie constitue un des ensembles d’œuvres les plus importants pour montrer la société d’aujourd'hui.


Infos pratiques :

Pour contacter Emily Smith
E-mail : emilysmithphoto@yahoo.com
Site web : www.emilyinpalestine.wordpress.com.


Pour contacter le Freedom theatre,
Site web : www.thefreedomtheatre.org


Pour contacter l’ATL Jénine
Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine (ATL Jénine),
MDA du 18ème, boite 84, 15 passage Ramey, 75018 Paris.
E-mail : theatrejenine@yahoo.fr
Site web : www.atljenine.net

Pour contacter le Centre d’Animation
Centre d’animation de la Poterne des Peupliers
Tél. : 01 45 88 46 68

Par La Bifurcation - Publié dans : Théâtre - Communauté : Theatres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 19:04


A voir dans le Off :


"Hamelin" de Juan Mayorga par Fred.

Tels les rats envahissant le village d'Hamelin dans le conte des frères Grimm, le mal est-il en train de pénétrer les différentes strates de la ville? Sous la plume de Juan Mayorga, ce mal prend les apparences d'un réseau pédophile, synthèse parfaite des phobies humaines. Avec une écriture quasiment cinématographique, l'auteur nous entraîne dans une histoire policière pas tout à fait comme les autres. Le choix d'une mise en scène totalement épurée (absence de jeu de lumières, seuls quelques néons diffusent un éclairage blafard, absence de décor), soutenue par la présence d'un narrateur, véritable chef d'orchestre complice du public, est particulièrement intéressant. Celui-ci créé en temps réel les éléments nécessaires à la fiction (à l'aide d'une simple craie, rééditant en cela le pari formel de Lars Von Trier dans "Dogville") et scrute, tel la caméra d'un Orson Welles, les personnages lors de leurs différentes confrontations. Un pari osé donc, mais totalement réussi!


Mise en scène : Christophe Sermet
Compagnie Rideau de Bruxelles
A théâtre des Doms tous les jours à 20h.

"Le bal de Kafka" de Timothy Daly par Mad.

Ce n'est pas tant l'univers de Kafka que nous présente Timothy Daly avec le "bal de Kafka", mais une vision de ce monde qui est le notre, sous l'angle interrogateur de Kakfa. Les rapports sur-codifiés entre les individus assimilent celui-ci à un théâtre où chaque sentiment, aussi profond soit-il, possède ses régles d'expression, et où l'improvisation devient la pire des transgressions. Les personnages évoluent sur un plan incliné en perpétuelle rotation, mise en scène pertinente suggérant un monde instable qui accentue l'incapacité de Kafka à le saisir. Avec une "Métamorphose" en construction tout le long de la pièce, Kafka s'applique dans ses cours de jeu théâtral et apprend progressivement à être l'assassin de sa propre personne.


Mise en scène : Isabelle Starkier
Compagnie Star Théâtre
Au Théâtre des Halles tous les jours à 14h.

"Stones" de Yinon Tzafrir, Avi Gibson Bal et El Daniel Zafrani par Mad & Fred.

L'Orto-Da Theatre Group, compagnie de Tel Aviv, présente "Stones", un des évènements du Off 2009. Ce spectacle mime, formellement excellent, retrace l'histoire de l'état d'Israël. Si la critique de la sur-utilisation de l'holocauste comme évènement fondateur puis fédérateur et finalement ultime raison d'être y est radicale, il est dommage que la question de la colonisation ne soit pas abordée.


Orto-Da Theatre Group

Au Théâtre Buffon tous les jours à 12h40

"Asphalt Jungle" de Sylvain Levey par Mad.

"Asphalt Jungle" est un texte sans concession, mis en scène de manière radicale, pour décrire les rapports humains au sein notre société en général et du monde de l'entreprise en particulier. Un modèle qu'on nous presente comme seul adapté à la nature humaine.


Mise en scène : Laurent Maindon
Théâtre du Rictus
Au Grenier à Sel tous les jours à 12h15.

Par La Bifurcation - Publié dans : Théâtre - Communauté : Theatres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 12:52

A voir dans le Off :


"Histoire d'amour (derniers chapitres)" de Jean-Luc Lagarce par Mad.

"Histoire d’amour" aborde la question de la création, de la mise en forme d’une histoire et du processus de sa structuration lors des premières phases de l’écriture. Etape quasi-schizophrénique où l’auteur tente de faire émerger des personnages, une femme et un homme, de les faire se mouvoir, de leur insuffler une vie. Ils seront, avec lui qui hante l’univers fictionnel, les protagonistes de son histoire d’amour. Comme pour mieux transmettre son enfermement, lui, l’auteur, évolue dans un espace confiné avec comme seul décor un ordinateur, bien sûr, un canapé et une télé dans laquelle son image lui sera plus tard renvoyée.
Peu à peu, jonglant entre des souvenirs et des blessures, réels et imaginaires, la mémoire se perd et le récit s’évanouit.
"Histoire d’amour " est la mise en scène d’une tentative de création et de son échec.

Mise en scène : Matthieu Roy
Compagnie du Veilleur
A la manufacture tous les jours à 13h40.

"Naître à jamais" de Andras Visky par Fred.
Le Théâtre Hongrois de Cluj en Roumanie présente "Naître à jamais" au théâtre des Halles. Le texte, signé Andras Visky, traite de l'impossibilité, pour les rescapés des camps de la mort, de témoigner de ce que fut l'holocauste. De l'impossibilité de revivre après ça.
Un homme sans nom raconte son histoire à 9 autres personnages, tour à tour confidents et acteurs de ce qui est sa tragédie. Si le texte est inégal (métaphores hasardeuses, comparaison entre camp d'extermination et école à la discipline de fer), la mise en scène est très réussie. Elle se concentre sur la solitude du personnage principal qui croît au fur et à mesure qu'il livre son témoignage, lui se retrouvant isolé physiquement des autres protagonistes qui ne parviennent déjà plus, malgré de multiples tentatives obsessionnelles, à pénétrer son univers. Ne restera au final que l'homme, enfermé dans son histoire dont le témoignage écrit lui-même, s'avère éphémère...

Mise en scène : Gabor Tompa
Théâtre Hongrois de Cluj
Au Théâtre des Halles tous les jours à 21h.

"L’histoire de Ronald, le clown de McDonald’s et J’ai acheté une pelle chez Ikea pour creuser ma tombe" de Rodrigo Garcia par Mad.
La troupe Luxembourgeoise du théâtre du Centaure nous avait déjà ravi par le passé avec "Trahisons" de Pinter. Leur adaptation de « Je suis Adolf Eichmann » de Juutinen nous avait interpellée l’année dernière (voir Mad Festival d’Avignon 2008 : impressions 3). Ils reviennent avec "L’histoire de Ronald …". Une satire crue et trash de l’arrogance de la société occidentale. Une société à la dérive où la consommation est valeur suprême. Tel un organisme freudien, elle n’a que rots à offrir, conséquence d’une malnutrition en fermentation.
En parfaite harmonie avec le texte de Garcia, la mise en scène place ses trois personnages (parfaitement incarnés par de jeunes comédiens) dans un univers enfantin avec jouets et peluches ici et là, et un décor aux couleurs vives sans nuance...

Mise en scène : Marion Poppenborg
Théâtre du Centaure
Au Balcon tous les jours à 11h

"Inventaire 68, un pavé dans l'histoire" de Nicolas Bonneau par Fred.
Avec cette pièce, Nicolas Bonneau, auteur de "Sortie d'usine" qui est présenté à nouveau cette année à la Manufacture, s'attaque cette fois à cet évènement mythique qu'est Mai 68! Objet de tant de fantasmes qu'un candidat à la présidentielle 2007 en appelait à se débarrasser enfin, de son héritage... En invoquant les souvenirs de Pierrot, le fils de prolos, et de Juliet (avec un seul "t"), la fille de bourgeois, Nicolas Bonneau, seul en scène, nous plonge dans l'effervescence de cette époque.
Ses talents de "raconteur d'histoires" font à nouveau merveilles et son écriture donne un éclairage jouissif à l'humour omniprésent, sur ce que fut Mai 68. Ce fut bien sûr, une révolte d'enfants de bourgeois n'ayant aucune conscience de cette condition ouvrière dont ils prétendaient tant se soucier. Mais ce fut aussi un moment où les revendications de la jeunesse visaient à changer la société pour en bâtir une nouvelle fondée sur l'intérêt commun. Maintenant que les revendications étudiantes ne concernent plus que l'intérêt privé et le droit à intégrer le système de production dominant (les manifs anti CPE étaient exemplaires à ce sujet), c'est peut-être ça l'héritage 68 qu'il nous faut réinventer.

Mise en scène : Anne Marcel
Compagnie La Volige
A la Manufacture les jours impairs à 15h45.

A voir également :

"Pièces détachées/Oulipo" de Raymon Queneau, Georges Perec et Jacques Roubaud
Un réel plaisir pour les amateurs de manipulations mathématiques de la langue française. A noter, la virtuosité des 3 comédiens!

Mise en scène : Michel Abécassis
Théâtre de l'Eveil
Au Chien qui fume tous les jours à 20h50

La troupe Luxembourgeoise du théâtre du Centaure nous avait déjà ravi par le passé avec « Trahisons » de Pinter. Leur adaptation de « Je suis Adolf Eichmann » de Juutinen nous avait interpellée l’année dernière (voir Mad Festival d’Avignon 2008 impressions). Ils reviennent avec « L’histoire de Ronald … » Une satire crue et trash de l’arrogance de la société occidentale. Une société à la dérive où la consommation est valeur suprême. Tel un organisme freudien, elle n’a que rots à offrir, conséquence d’une malnutrition en fermentation.
En parfaite harmonie avec le texte de Garcia, la mise en scène place ses trois personnages (parfaitement incarnés par de jeunes comédiens) dans un univers enfantin avec jouets et peluches ici et là, et un décor aux couleurs vives sans nuances
Par La Bifurcation - Publié dans : Théâtre - Communauté : Theatres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 18:47
Par La Bifurcation - Publié dans : société - Communauté : Politique Directe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 16:27
Voir partie 1

Orson Welles terrifiant l'Amérique avec son adaptation de "La Guerre des Mondes" en 1938

"Il faut saluer l'ouverture d'esprit de Christine Boutin".
Mais qu'est-ce qui a pu pousser l'association ReOpen911 à faire cette déclaration pour le moins étonnante sur son site Internet le 4 juillet 2007? Et qu'est-ce qui pousse un journal comme Le Grand Soir, dont la ligne éditoriale peut être qualifiée de gauche radicale, à ouvrir largement ses colonnes à cette association, ce qui revient à cautionner leurs diverses prises de position? La réponse est à chercher du côté des mythes conspirationnistes et de la capacité d'adhésion hors du commun qu'ils génèrent.


Les mythes conspirationnistes du 11 septembre
La principale particularité des mythes conspirationnistes, appelés également théories du complot, par rapport aux autres types de croyances collectives, réside dans leur dimension idéologique. Un évènement aussi symbolique que les attentats du 11 septembre 2001 (agression de la première puissance mondiale) en a naturellement généré un grand nombre. Citons trois exemples :

  • Croyance n° 1 : Les images des manifestations de joie de quelques Palestiniens à l’annonce des attentats, diffusées en boucle sur plusieurs chaînes de télévision, seraient fausses, il s’agirait en fait d’images datant de la première guerre du Golfe.
  • Croyance n°2 : 4000 juifs ne seraient pas allés travailler dans le World Trade Center le jour des attentats.
  • Croyance n°3 : les Etats-Unis avaient connaissance de la préparation de ces attentats et n’auraient rien fait pour les empêcher, voire les auraient eux-mêmes commandités.

La première croyance, en prétendant dévoiler une manipulation médiatique (de CNN notamment), vise à semer le trouble sur les auteurs présumés de l’attentat. Pour cet exemple précis, l’origine de la rumeur a été retrouvée (fait rare) : tout a démarré d’un simple message posté par un étudiant brésilien sur un forum internet. L’étudiant a lui-même reconnu son erreur quelques heures plus tard (voir le dossier de hoaxbuster).

La deuxième croyance, diffusée notamment sur la chaîne de télévision Al-Jazeera et par deux journaux américains, vise à attribuer à Israël et au Mossad (voire aux Etats-Unis, alliés historiques d’Israël) une responsabilité dans cet attentat. La difficulté a été ici de vérifier rapidement que cette rumeur est fausse. Après enquête il s’est avéré que celle-ci provenait de la chaîne de télévision du Hezbollah Al-Manar, relayant ainsi des informations du journal jordanien Al-Watan lequel n’a jamais apporté de précisions quant à ses sources (voir à ce sujet l'article d'Emmanuel Taïeb, enseignant chercheur à l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble).

La troisième croyance est en quelque sorte la synthèse logique de toutes les rumeurs conspirationnistes qui ont pu circuler. Son apparition a été facilitée par la propagation de l’idée selon laquelle les Etats-Unis avaient besoin d’un tel évènement pour légitimer leur guerre au Moyen Orient, même si c’est oublier un peu vite qu’ils n’ont jamais eu besoin d’évènements d’une telle ampleur pour justifier leur politique extérieure scélérate. Notons qu’une rumeur identique avait déjà émergé lors de l’attaque de Pearl Harbor en 1941 ("Vie et mort des croyances collectives", Gérald Bronner, Ed. Hermann 2006).

Depuis la publication de son livre "l’effroyable imposture" en 2003, le porte-parole le plus médiatique
en France de cette troisième croyance, est Thierry Meyssan (voir à ce sujet le site du Réseau Voltaire). A sa suite, plusieurs associations adeptes de la théorie du complot ont été créées, la plus active étant ReOpen911. Selon Meyssan, aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2001. Pour preuves : l’absence de débris d’appareil sur les clichés publiés, la faible envergure de l’impact, etc… Autant d’assertions fondées uniquement sur l’analyse des photos publiées sur Internet, alors que leur démonstration scientifique requièrerait un travail considérable de la part de spécialistes de différentes disciplines. Dans le même ordre d’idées, on peut citer la rumeur selon laquelle les tours du WTC auraient été dynamitées, ce qui explique leur effondrement. On peut alors se s'interroger sur l'intérêt d'envoyer 2 avions les percuter...

Dégâts causés par l'attentat du 11 septembre 2001 contre le Pentagone, attribué à l'impact du vol 77 d'American Airlines.

Un autre exemple intéressant
Nous n'avons abordé ici que les mythes conspirationnistes générés par les attentats du 11 septembre 2001, mais il en existe évidemment quantité d'autres. Un exemple célèbre et datant à peu près de la même époque (avril 2001) concerne les inondations survenues en baie de Somme. Une rumeur a alors circulé selon laquelle celles-ci ne seraient pas fortuites mais résulteraient du détournement des eaux de la Seine afin d’éviter l’inondation de Paris. On retrouve ici la classique opposition Paris/Province. La rumeur fut si persistante que Jospin, premier ministre de l’époque, fut accueilli à grands renforts de sifflets lors de sa visite à Abbeville (voir Libération du 10/04/2001).

Conclusions sur la partie 2
Si certaines théories du complot peuvent être rapidement éjectées du marché cognitif (cas des croyances 1 et 2), d'autres y demeurent de manière persistante et peuvent même voir leur cote s'envoler (cas de la croyance n°3). Celles-ci peuvent alors pousser leurs partisans aux malhonnêtetés intellectuelles les plus flagrantes, comme utiliser, pour appuyer leur discours, les prises de position de personnages publics (Jean Marie Bigard, Marion Cotillard, Christine Boutin) dont on peut douter qu’ils aient une quelconque expertise en matière de géopolitique ou de comportement de structures complexes sous sollicitations thermomécaniques extrêmes. Nous essaierons de comprendre pourquoi dans la troisième partie.

Fred
Par La Bifurcation - Publié dans : société - Communauté : Politique Directe
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 19:28
Reportage de Nicolas Favre lors de la journée de mobilisation des Réunionnais contre le chômage, la précarité, la pauvreté, les bas salaires et la vie chère.




Nicolas
Par La Bifurcation - Publié dans : société - Communauté : Politique Directe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Clin d'Oeil de la Bifurc'

L'éternité et un jour
Theo Angelopoulos
(27/04/1935 - 24/01/2012)
Archives

Catégories

Nous contacter

Pour nous envoyer vos contributions (informations, textes, analyses, ...) : la.bifurcation@orange.fr.
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés