A voir dans le Off :
"Histoire d'amour (derniers
chapitres)" de Jean-Luc Lagarce par Mad.
"Histoire d’amour" aborde la question de la création, de la mise en forme d’une histoire et du processus de sa structuration lors des
premières phases de l’écriture. Etape quasi-schizophrénique où l’auteur tente de faire émerger des personnages, une femme et un homme, de les faire se mouvoir, de leur insuffler une vie. Ils
seront, avec lui qui hante l’univers fictionnel, les protagonistes de son histoire d’amour. Comme pour mieux transmettre son enfermement, lui, l’auteur, évolue dans un espace confiné avec comme
seul décor un ordinateur, bien sûr, un canapé et une télé dans laquelle son image lui sera plus tard renvoyée.
Peu à peu, jonglant entre des souvenirs et des blessures, réels et imaginaires, la mémoire se perd et le récit s’évanouit.
"Histoire d’amour " est la mise en scène d’une tentative de création et de son échec.
Mise en scène : Matthieu Roy
Compagnie du Veilleur
A la manufacture tous les jours à 13h40.
"Naître à jamais" de Andras Visky par Fred.
Le Théâtre Hongrois de Cluj en Roumanie présente "Naître à
jamais" au théâtre des Halles. Le texte, signé Andras Visky, traite de l'impossibilité, pour les rescapés des camps de la mort, de témoigner de ce que fut l'holocauste. De l'impossibilité de
revivre après ça.
Un homme sans nom raconte son histoire à 9 autres personnages,
tour à tour confidents et acteurs de ce qui est sa tragédie. Si le texte est inégal (métaphores hasardeuses, comparaison entre camp d'extermination et école à la discipline de fer), la mise en
scène est très réussie. Elle se concentre sur la solitude du personnage principal qui croît au fur et à mesure qu'il livre son témoignage, lui se retrouvant isolé physiquement des autres
protagonistes qui ne parviennent déjà plus, malgré de multiples tentatives obsessionnelles, à pénétrer son univers. Ne restera au final que l'homme, enfermé dans son histoire dont le témoignage
écrit lui-même, s'avère éphémère...
Mise en scène : Gabor Tompa
Théâtre Hongrois de Cluj
Au Théâtre des Halles tous les jours à 21h.
"L’histoire de Ronald, le clown de McDonald’s et J’ai acheté une pelle chez Ikea
pour creuser ma tombe" de Rodrigo Garcia par Mad.
La
troupe Luxembourgeoise du théâtre du Centaure nous avait déjà ravi par le passé avec "Trahisons" de Pinter. Leur adaptation de « Je suis Adolf Eichmann » de Juutinen nous avait interpellée
l’année dernière (voir Mad Festival d’Avignon 2008 : impressions 3). Ils reviennent avec "L’histoire de Ronald …". Une satire crue et trash de
l’arrogance de la société occidentale. Une société à la dérive où la consommation est valeur suprême. Tel un organisme freudien, elle n’a que rots à offrir, conséquence d’une malnutrition en
fermentation.
En
parfaite harmonie avec le texte de Garcia, la mise en scène place ses trois personnages (parfaitement incarnés par de jeunes comédiens) dans un univers enfantin avec jouets et peluches ici et là,
et un décor aux couleurs vives sans nuance...
Mise en scène : Marion Poppenborg
Théâtre du Centaure
Au Balcon tous les jours à 11h
"Inventaire 68,
un pavé dans l'histoire" de Nicolas Bonneau par Fred.
Avec cette pièce, Nicolas Bonneau, auteur de "Sortie d'usine" qui est présenté à
nouveau cette année à la Manufacture, s'attaque cette fois à cet évènement mythique qu'est Mai 68! Objet de tant de fantasmes qu'un candidat à la présidentielle 2007 en appelait à se débarrasser
enfin, de son héritage... En invoquant les souvenirs de Pierrot, le fils de prolos, et de Juliet (avec un seul "t"), la fille de bourgeois, Nicolas Bonneau, seul en scène, nous plonge dans
l'effervescence de cette époque.
Ses talents de "raconteur d'histoires" font à nouveau merveilles et son écriture
donne un éclairage jouissif à l'humour omniprésent, sur ce que fut Mai 68. Ce fut bien sûr, une révolte d'enfants de bourgeois n'ayant aucune conscience de cette condition ouvrière dont ils
prétendaient tant se soucier. Mais ce fut aussi un moment où les revendications de la jeunesse visaient à changer la société pour en bâtir une nouvelle fondée sur l'intérêt commun. Maintenant que
les revendications étudiantes ne concernent plus que l'intérêt privé et le droit à intégrer le système de production dominant (les manifs anti CPE étaient exemplaires à ce sujet), c'est peut-être
ça l'héritage 68 qu'il nous faut réinventer.
Mise en scène : Anne Marcel
Compagnie La Volige
A la Manufacture les jours impairs à 15h45.
A voir également :
"Pièces détachées/Oulipo" de Raymon Queneau, Georges Perec et Jacques
Roubaud
Un réel plaisir pour les amateurs de manipulations mathématiques de la langue française. A noter, la virtuosité des 3 comédiens!
Mise en scène : Michel Abécassis
Théâtre de l'Eveil
Au Chien qui fume tous les jours à 20h50
La troupe Luxembourgeoise du théâtre du Centaure nous avait déjà ravi par le passé avec « Trahisons » de Pinter. Leur adaptation de « Je suis Adolf Eichmann » de Juutinen nous avait interpellée
l’année dernière (voir Mad Festival d’Avignon 2008 impressions). Ils reviennent avec « L’histoire de Ronald … » Une satire crue et trash de l’arrogance de la société occidentale. Une société à la
dérive où la consommation est valeur suprême. Tel un organisme freudien, elle n’a que rots à offrir, conséquence d’une malnutrition en fermentation.
En parfaite harmonie avec le texte de Garcia, la mise en scène place ses trois personnages (parfaitement incarnés par de jeunes comédiens) dans un univers enfantin avec jouets et peluches ici et
là, et un décor aux couleurs vives sans nuances
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