145ème mission de protection du peuple Palestinien - Carnet de voyage (4)

Publié le par La Bifurcation

Préambule : La Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) est née en juin 2001, au moment où l’offensive coloniale et répressive israélienne passait à une nouvelle étape. Une des initiatives majeures est la constitution de missions civiles internationales pour la protection du peuple palestinien. Ces missions se rendent dans les territoires palestiniens occupés, pour observer, témoigner, et intervenir pacifiquement dans des actions de résistance à l’incroyable déni de droits subi par le peuple palestinien. Jean-Louis, membre de La Bifurcation depuis le début, participe en ce moment à la 145ème mission à Tulkarem, Naplouse et Bil'in. Nous publions ici, au jour le jour, les comptes rendus transmis par la mission.



COMPTE RENDU DU 31 OCTOBRE 2008


La 144ème mission nous rejoint pour la manifestation à Bil’in. Le mur est en fait composé de deux grillages parallèles. Il y a deux portes, une dans chaque grillage, qui ne sont pas en face, de sorte que pour traverser le mur il faut marcher à l’intérieur d’un couloir grillagé sur quelques centaines de mètres. En général, les manifestants parviennent à passer la première porte mais sont bloqués à l’intérieur avant la deuxième. Il rappelle qu’il faut suivre ses consignes. On partage des oignons, à se mettre sous le nez pour atténuer l’effet des gaz lacrymogènes.


Manifestation non violente à Bil'in le 21/07/06 - photo prise par Michael (voir son blog http://occupiedlove.blogspot.com/)


Outre des groupes français et belges, un groupe anglophone, des italiens, bataves et tchèques, des musiciens post-hippies des Etats-Unis (Olive Trees Circus), il y a parmi les internationaux la vice présidente du Parlement Européen, Luisa Morgantini, ainsi qu’un autre député européen, Chris Davis. Se joignent au cortège les anarchistes israéliens pour la paix.

Le départ est donné vers midi. On passe la première porte, ouverte, sous le regard de quelques soldats. On avance tranquillement vers la deuxième, en scandant des slogans en anglais et arabe. Tantôt les mains en l’air, tantôt les mains contre le grillage. Abdallah s’allonge, les jambes sous la grille. Les soldats israéliens lancent grenades lacrymogènes et bombes assourdissantes. Ceux d’entre nous qui sont sous les gaz vérifient l’efficacité de la méthode de l’oignon. Les soldats sont agressifs. Les députés sont en première ligne et s’adressent aux soldats. Chris Davis : "You’re breaking international law ! You’re stealing land from these people  ! How can this achieve peace ?" (Vous violez le droit international ! Vous volez les terres de ces gens ! Comment cela peut-il aboutir à la paix ?)

Des enfants arrivent du village et lancent des pierres. Les organisateurs ont du mal à les en empêcher. Les enfants nous encouragent à les rejoindre. Avec des adultes, ils agrandissent le trou dans le premier grillage (côté palestinien), et l’un d’entre eux attaque le second (côté israélien) à la pince. Les lacrymos empêchent cette partie du groupe de rejoindre l’autre. Des enfants essayent de s’attaquer à la barrière et les soldats les repoussent à la lacrymo, puis prennent position sur la barrière et leur tirent dessus de sang froid, une quinzaine de balles en caoutchouc. Les soldats entrent et font refluer les autres manifestants par la force vers la première porte. On marche à reculons pour voir venir la menace, ce qui rend la progression difficile. Les parlementaires sont soumis au même traitement : ils sont poussés violemment, Chris Davis tombe. Des manifestants sont violemment malmenés et certains légèrement blessés. Il pleut des grenades lacrymogènes.

Luisa Morgantini prend à nouveau la parole, devant la caméra d’Al Arabiya, avec en fond un drapeau européen. Des images qu’on ne verra pas sur les écrans français. Pourtant, sans se déplacer, il suffirait aux chaines françaises d’acheter les images... On n’a pas l’impression d’avoir accompli grand chose mais Abdallah est satisfait de la manifestation. On est allé jusqu’à la deuxième porte !

Retrouvez l'intégralité de ce compte rendu, et plein d'autres informations sur le site de la CCIPPP.



COMPTE RENDU DU 1er NOVEMBRE 2008


Ce matin, réveil à 6h. Incursion furtive dans la vieille ville de Deir Istiya pour certains. Nos hôtes nous apportent le petit déjeuner au lit. Un véritable banquet s’offre à nous. Humus, huile d’olive et zatar, falafels,...

Les paysans passent nous chercher en voiture pour un 305 trophy sur des chemins de cailloux. Pour faire une bonne récolte et obtenir le maximum d’huile, il faut commencer à cueillir vers le 15 octobre. Avant, le Ministère Palestinien de l’agriculture imposait de ne pas cueillir avant cette date. Mais les paysans craignant les exactions des colons commencent à cueillir le plus tôt possible, début octobre.

Il est arrivé une année que la municipalité de Deir Istiya décide de fermer l’école pendant une semaine pour permettre à tout le village d’aller cueillir afin de finir rapidement la récolte. Près du mur de séparation, des décrets permettent aux Palestiniens d’obtenir des autorisations pour accéder à leur champs pendant la période de la récolte ; le reste de l’année, il n’en ont pas le droit.

La colonie domine le champ mais on n’a aucun problème avec les colons. La cueillette se déroule tranquillement, thé, humus, sardines, purée de haricots blancs, thé, café. Elle se termine à 4h, après un copieux récital de Jean-Louis qui passe sans peine du registre grivois des carabins aux chants révolutionnaires et de maquis...

Retrouvez l'intégralité de ce compte rendu, et plein d'autres informations sur le site de la CCIPPP.

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B
Jean Louis,<br /> Ce que tu nous dis sur la non diffusion des images à la télé en France, entre autre, renforce ma conviction sur l'impartialité des "démocraties occidentales" sur ce problème. Mr OBAMA n'a rien vu là bas non plus, il n'a même pas lu les résolutions de l'ONU sur le sujet en disant que Jérusalem doit rester la Capitale d'Israël. Heureusement que les Palestiniens peuvent compter sur l'opinion publique en occident et sur des courageux comme vous.<br /> PS: La Palestine n'est pas uniquement les territoires occupés, mais ses frontières sont définies dans les résolutions de l'ONU sur la création de deux états et le droit de retour des réfugiés (résolution: 194 (III) de l'Assemblée générale du 11 décembre 1948). Enfin je pense que La Palestine détient le record des résolutions de l'ONU (non appliquées bien sûr).<br /> Bashar
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